Reportage In Situ : 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme

Entretiens

Camille Blanc, Présidente d’Amnesty International France
Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières
Dimitris Christopoulos, Président de la Fédération internationale des droits de l’Homme
Norma Jullien, élève avocate, cofondatrice du Legal Center Lesbos
Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme
François Croquette, Ambassadeur pour les droits de l’Homme
Denis Podalydès, Acteur, metteur en scène, scénariste, écrivain et sociétaire de la comédie Française

Merci à Eugénie Gangnet, Fiona Guitard et à la Mairie de Paris.

Le 10 décembre 1948 au palais de Chaillot à Paris, les 58 États membres qui constituaient alors l’Assemblée générale des Nations unies adoptaient la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Cette année, la Journée des droits de l’homme donne le coup d’envoi à une année d’événements marquant la célébration prochaine du 70ème anniversaire de cette déclaration, un document fondateur qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Le 10 Décembre 2017, Amicus s’est rendu au Palais de Chaillot, pour suivre cet évènement…

Traduction en français de l’entretien avec Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme.

Alexandre Hiélard :
Pourquoi est-ce si important cette année de célébrer la journée des Droits de l’Homme ? :

Zeid Ra’ad Al Hussein :
Parce que si vous ne considérez pas vos droits sérieusement et si vous ne défendez pas les droits des autres citoyens, ils peuvent très facilement disparaitre 
et nous comprenons que si nos droits existent aujourd’hui, c’est principalement parce que des générations précédentes se sont battues pour nos droits, et si on ne maintient pas cette lutte, ces droits peuvent disparaitre très rapidement. 

Alexandre Hiélard :
Les gens sont-ils tous informés, au courant de leurs droits ?

Zeid Ra’ad Al Hussein :
Pas autant qu’ils devraient l’être. Les droits sont comme l’oxygène, nous devons inspirer des milliers de fois par jour pour pouvoir rester en vie, mais on ne pense pas à chaque seconde ou à chaque minute à notre besoin d’oxygène. Mais si quelqu’un tente de nous étouffer, l’importance de l’oxygène devient évidente pour notre survie.
C’est la même chose avec nos droits, nous n’y pensons pas jusqu’au jour où nous les voyons disparaitre ; vous ne pouvez plus accéder à une banque, aux services sociaux, à la santé et soudainement les choses disparaissent en très peu de temps, et quand nous en sommes à ce stade là, il est souvent déjà trop tard pour les individus en société. 

Alexandre Hiélard :
Vous avez parlé des avocats ? En quoi sont-ils importants pour protéger et défendre les droits de l’Homme ?

Zeid Ra’ad Al Hussein :
Les avocats sont très importants. Dans beaucoup de pays ce sont eux et les journalistes les premiers défenseurs des droits humains. Mais pas seulement, les étudiants aussi participent. 
Un mes collègue avec lequel je travaillais, un étudiant ingénieur en chimie et en informatique était aussi un défenseur des droits de l’Homme. Et le plus intéressant, c’est que c’était d’être un défenseur des droits de l’Homme qui l’intéressait le plus, et c’est ce que nous voulons voir partout dans le monde.

AH : Merci beaucoup

Equipe

Propos recueillis par : Alexandre Hiélard
Coordination : Léa Delion
Réalisation : Leobardo Perez

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