« Hors la loi » au Théâtre du Vieux Colombier

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Résumé de l’épisode

Emmanuelle Saulnier-Cassia reçoit Françoise Gillard, Laurent Natrella, Coraly Zohanero, sociétaires de la Comédie française, pour parler de la pièce de Pauline Bureau, Hors la loi, dans laquelle ils jouent au théâtre du Vieux-Colombier, jusqu’au 7 juillet 2019.

Après Mon cœur créé en 2017 (actuellement en tournée) qui traitait du scandale du Médiator, Pauline Bureau créé une pièce sur le procès dit de Bobigny de novembre 1972, après l’inculpation de Marie-Claire Chevallier, sa mère, l’avorteuse et une collègue de la mère pour le délit d’avortement alors poursuivi en application d’une législation des années 20. L’avocate Gisèle Halimi en fait un procès politique, celui d’une loi « hors d’âge », ce qui préparera le terrain à l’adoption de la loi de janvier 1975 portée par la ministre Simone Veil.

Pour réserver : https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/hors-la-loi18-19#

Lieu : théâtre du Vieux-Colombier, 21 rue du Vieux-Colombier – 75006 Paris.

Durée : 2h10

Hors la loi - Texte et Mise en scene Pauline Bureau - Theatre du Vieux-Colombier - mai 2018 - avec : Martine Chevallier, Coraly Zahonero, Alexandre Pavloff, Francoise Gillard, Laurent Natrella, Daniele Lebrun, Claire de la Rue du Can

Animation

Emmanuelle Saulnier-Cassia

Réalisation

Matthieu Gasnier

Coordination

Camille Blumberg

Musique originale

Didier Riey

Pour aller plus loin

Sur le spectacle : Emmanuelle Saulnier-Cassia, chronique « Du droit dans les arts », à paraître le 20 juin, aux Petites affiches

Le manifeste des 343 : https://www.nouvelobs.com/societe/20071127.OBS7018/le-manifeste-des-343-salopes-paru-dans-le-nouvel-obs-en-1971.html

https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/5-avril-1971-le-manifeste-des-343/

Le discours de Simone Veil : https://www.nouvelobs.com/politique/20170630.OBS1430/verbatim-l-integralite-du-discours-de-simone-veil-du-26-novembre-1974-sur-l-ivg.html

Exposition de Laia Abril en collaboration avec Médecins Sans Frontières en 2018 à la Maison des métallos : On abortion. L’avortement, une vulnérabilité universelle : http://www.maisondesmetallos.paris/2018/07/12/on-abortion

Sénat, étude de législation comparée sur l’IVG, 2017 : https://www.senat.fr/lc/lc280/lc280.pdf 

Les sorties de Droit en scène

Electre et Oreste d’Euripide, mise en scène d’Ivo van Hove jusqu’au 3 juillet 2019, à la salle Richelieu de la Comédie française, place Colette dans le 1er : https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/electre-oreste18-19 et en tournée, au Théâtre antique d’Épidaure (Grèce), les 26 et 27 juillet 2019. 

Un ennemi du peuple de Brecht, mise en scène de Jean-François Savadier, jusqu’au 15 juin 2019 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe : Chronique « Du droit dans les arts » aux Petites affiches, 4 juin 2019

Dans la lignée de la confrontation des intérêts privés et des intérêts publics dans le cadre d’un scandale sanitaire dénoncée dans ce célèbre texte de Brecht, une création contemporaine « 36e dessous. Chronique d’un désastre écologique annoncé » est à signaler qui a été vue après l’enregistrement de l’émission Droit en scène : Odile Macchi, sociologue signe le texte et la mise en scène d’une pièce ou plutôt d’une expérience théâtrale qui a pour intention de raconter l’histoire du scandale de l’usine Fertiladour. Cette usine d’engrais qui s’est implantée à Boucau près de Bayonne en 1973 s’est également spécialisée dans le broyage de minerais, notamment le monazite, extrêmement radioactif, et la silice pure. L’usine a fermé en 1993. Des ouvriers sont morts, beaucoup sont malades victimes de silicoses, fibroses, pneumopathies ; les sols sont pollués pour des milliards d’années. L’inertie des pouvoirs publics, et notamment des autorités de contrôle va laisser la situation perdurer. Finalement enjointe de dépolluer le site, l’entreprise ne va se contenter de mesures palliatives. A partir des enregistrements des techniciens, ouvriers, contrôleurs, scientifiques, représentants de l’Etat, les faits sont portés sur deux plateaux : celui de la scène avec une comédienne (Lucie Boscher) qui sert les témoignages, et sur un mini plateau tournant filmé et projeté en fond de scène, qui sert lui-même de scène à un plasticien (Daniel Azélie), illustrant à la manière d’un film d’animation miniature les différents épisodes de l’affaire Fertiladour. C’est très ingénieux et surprenant. Du documentaire théâtralisé plus que du théâtre documentaire. A voir et à soutenir pour dénoncer ce « désastre » écologique et humain d’une entreprise ne respectant pas les consignes de sécurité, ne protégeant, ni n’informant ses salariés sur les dangers encourus et polluant impunément les sols ; et des services de l’Etat et locaux, n’allant pas au bout de leurs inspections, n’osant pas imposer des injonctions pour ne pas compromettre des emplois. Les notes et paroles de « Blowin in the wind » de Bob Dylan continuent de résonner longtemps après l’heure de spectacle…

A voir jusqu’au 23 juin au Théâtre de la Reine Blanche, 2 bis passage Ruelle dans le 18ème – 0140050696 – www.reineblanche.com

Carole Talon-Hugon, L’art sous contrôle, PUF, 2019, 144 p. : https://www.puf.com/content/Lart_sous_contrôle.

A venir, dans le Off d’Avignon : Discours de la servitude volontaire de la Boétie : avec François Clavier dans l’adaptation et la mise en scène de Stéphane Verrue : du 5 au 26 juillet au théâtre de la Bourse du travail CGT, tous les jours sauf les lundis à 17h.

Ecouter ou réécouter le podcast du n° 1 de Droit en scène 

https://radio.amicus-curiae.net/podcast/discours-de-la-servitude-volontaire/

Ainsi que deux expositions:

Le modèle noir de Géricault à Matisse, au Musée d’Orsay jusqu’au 21 juillet 2019 : chronique Du droit dans les arts aux Petites affiches du  25 avril 2019

Un air d’Italie. L’opéra de Paris de Louis XIV à la Révolution, à l’Opéra Garnier jusqu’au 1er septembre 2019.

Exposition intéressante non seulement pour les amateurs d’opéra et de ballet, mais aussi pour les juristes qui pourront  voir le document daté du 28 juin 1669 attestant au Sieur Perrin l’octroi par Louis XIV du « Privilège » pour fonder la première Académie d’opéra, lui confiant ainsi le monopole des spectacles chantés à Paris notamment. Le très astucieux et ambitieux Lully lui rachètera trois ans plus tard et restera ainsi jusqu’à sa mort à la tête de la nouvelle « Académie royale de musique ». La loi du 13 janvier 1791 proclamera la liberté des théâtres et la fin du système des privilèges.

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