Le plastique est-il responsable de la mort de Niki de Saint-Phalle ?
Dans ce troisième épisode consacré à l’artiste, L’Art au parloir ouvre un nouveau procès : celui du plastique.
Niki de Saint-Phalle a longtemps attribué ses problèmes respiratoires à son exposition aux vapeurs et poussières de résine de polyester. Pourtant, le témoignage de son médecin, rapporté par Catherine Francblin dans Niki de Saint-Phalle, la révolte à l’œuvre, invite à une lecture plus complexe de sa maladie. Le plastique est donc déclaré non coupable de sa mort.
Mais cette innocence suffit-elle à clore le procès ?
En remontant le parcours qui conduit Niki de Saint-Phalle à faire du plastique un matériau artistique, avec l’éclairage de l’historienne de l’art Déborah Laks, nous découvrons un matériau emblématique de son époque : moderne, léger, nouveau, mais aussi détourné par l’artiste pour donner forme à des figures, des corps et des mondes longtemps marginalisés.
Puis notre regard change. Ce qui incarnait le progrès dans les années 1960 est aujourd’hui associé à la surconsommation, à la pollution, aux atteintes aux écosystèmes et aux risques pour la santé.
Alors, si le plastique n’est pas coupable de la mort de Niki, qui est responsable de ses effets nocifs ?
Écocide, pollution, devoir de vigilance : l’épisode explore les outils dont dispose aujourd’hui le droit pour répondre à cette crise, tout en interrogeant leurs limites.
Car au fond, la question est peut-être moins celle de la culpabilité du plastique que celle de notre responsabilité lorsque nous savons.
Un épisode entre histoire de l’art, droit et écologie, qui se termine avec une question : qu’aurait créé Niki de Saint-Phalle aujourd’hui, face à la prolifération du plastique ?
Avec Déborah Laks, Victoria Vanneau, Sébastien Mabile, Hélène Munier et Charlotte Michon.